Vous m'accompagnez en cours aujourd'hui?

Publié le par Camille



                Il est 7h56, après un trajet dans l'air frais du matin, on passe devant le concierge qui ne peut s'empêcher de dire une petite blague que l'on ne comprendra pas. On continue notre chemin après avoir esquissé un sourire. Pour aller salle 202, il y a deux options : la voie qui peut nous sembler la plus naturelle, celle des marches, ou bien la voie la plus utilisée ici, l'ascenseur. Arrivé devant la salle, on tente de communiquer avec les autres, et puis on attendra 10 minutes que le prof arrive. Vous allez me demander pourquoi l'on n'arrive pas dix minutes plus tard si l'on sait que le prof sera en retard ; je vous répondrai que c'est juste au cas où il deviendrait ponctuel (sauf que ça n'arrive jamais). On entre dans la salle obscure du matin, le prof arrive, on tente de choisir une place stratégique (c'est à dire à côté d'un/e Espagnol/e pour pouvoir combler les trous de nos prises de notes), on souffle un bon coup, et ça commence. Au choix, on assistera soit à "l'histoire de la littérature française du XIXème" ou le même sur le "XXème siècle" où l'on étudie notamment la ville de Paris. Ou bien on suivra un cours de "théorie littéraire", ou encore une "étude de la littérature du XIXème ou XXème" avec une étude de Proust en espagnol. Et enfin, pour changer un peu, il y a aussi "théorie de la littérature et des arts", un cours de master 3h par semaine où je suis la seule étrangère et aussi la plus jeune (accumulation de handicaps...). Le prof tente de trouver une réponse à une question qui n'en a pas qui est "Qu'est-ce que l'Art?" Là c'est à la fois drôle et déprimant. Préparez-vous à ne rien comprendre, à voir tous les autres écrire, écrire, écrire et vous à rester figé, incapable de saisir une phrase entière. Le plus dommage c'est que dans l'ensemble, ça a l'air très intéressant. Et là, encore, la stratégie est d'avoir rencontré Angel, cet élève espagnol qui me ressort la tête de l'eau à chaque risque aigu de noyade. Ce cours est très chouette et un peu fou. Le prof jette son stylo et dit "ça, c'est de l'art", ensuite il bouge le crayon d'un centimètre et dit "ça, ça ne l'est plus"... bon...
           Vers 10h on aura une pause et ira à la cafèt retrouver tout le monde et observer les étudiants prendre leur petit déjeuner à base de tortillas ou tarte au thon/fromage. Là encore il faut garder un air très naturel, c'est tout à fait normal.  Il faut aussi s'habituer à demander un Colacao si vous voulez un chocolat chaud, sinon, en demandant un chocolat vous aurez une crême chocolatée accompagnée de churros. Ensuite on refile en cours, par la voie des airs, ou l'autre, pour finir vers 14h pour le déjeuner. Voilà le quotidien des étudiants espagnols. Sauf que si vous me suivez moi, vous verrez qu'à 18h on retourne en cours pour étudier Proust et ses compères jusqu'à 20h.  Ensuite on filera à la piscine universitaire  (ne pas oublier le bonnet de bain obligatoire ! youpi) ou aux cours de français avec Alba, selon les jours.
       Les cours ici sont à l'année et l'examen est en juin, on a donc moins de cours différents et plus de temps pour approfondir. Comprendre les cours, ça va, les écrire, c'est une autre histoire... Mes cours sont pleins de trous, c'est très difficile de noter la phrase tout en écoutant celle d'après. Parfois, on est obligé d'écrire l'idée en français que l'on a comprise en espagnol mais que l'on est, 2 secondes après, incapable de redire en espagnol... complexe tout ça ! J'ai donc des cours de tout le monde pour combler le gruyère et là aussi, ça devient drôle parce que pour déchiffrer les notes des espagnols, mmmmmh! faut savoir qu'en langage "notes", "porque" devient "xq", "para" = "xa"...
       
Enfin, vous serez agréablement surpris par la gentillesse et la disponibilité des professeurs et des élèves ainsi que par l'interactivité des cours (dur de ne pas être interrogé !).
        Vous vous perdrez encore un peu avec moi dans cette grande fac qui est agencée d'une manière assez étrange et ensuite, vous me suivrez à la BU, et serez surpris parce qu'ici, c'est  un lieu de travail : là aussi, grande nouveauté pour moi ! (rires) elle est tout en hauteur, et agencée de manière à ce que tu ne puisses QUE travailler. Ils ont pensé à tout !!!!
        Et après toutes ces découvertes, je vous laisse vous reposer un peu (il faut s'habituer à la sieste !)  et puis de toute façon jusqu'à 17h rien n'est ouvert en ville alors... et je vous dis à ce soir, au bar de tapas. Rendez-vous à 22h plaza mayor...

hasta luego

         
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article