pensées d'une semaine agitée.

Publié le par Camille

pas de nouvelles, bonnes nouvelles...

         Cette semaine a été mouvementée, chargée en fait. Entre les cours, les travaux de l'atelier photo, la natation, les boulots à rendre, les exposés (en espagnol c'est beaucoup moins improvisé), les exams qui approchent, et les kidnapping d'Elena pour aller frapper dans les mains jusqu'au petit matin ce week-end "parce que c'est comme ça en Espagne et parce que je pars dans moins d'un mois". Bref, ça va, nous gérons la crise mais je n'ai pas trop le temps d'écrire ici, ni grand chose à écrire de vraiment nouveau, surtout.
          Pablo mon coloc et son chinchilla ont quitté l'appartement hier pour aller vivre à Valence. Je ne suis donc plus qu'avec Amador et nous attendons un nouveau "compañero de piso". Elena, quant à elle, part début février vivre son aventure ERASMUS à Amiens. Je sais que sans son projet ERASMUS on ne se serait pas connues (parce que c'était à la base pour faire un simple échange de conversation), mais j'avoue que je n'ai pas tellement envie qu'elle parte. Ca va me faire drôle. Elena c'est la fille qui me fait découvrir l'Espagne, sa culture et ses couleurs. Le point positif c'est que comme je reste un bout de temps ici, elle aura le temps de faire son semestre en France et de revenir que je serai encore ici. Dans 6 mois. Et puis dans quelques jours il va y avoir une vague nouvelle ici aussi. Beaucoup d'ERASMUS vont rentrer chez eux et d'autres viendront prendre leur place, les colocations vont se modifier, certains repères aussi. Bref, va bientôt souffler le vent du changement.
             On le sait que toutes ces rencontres seront brèves, dès le début. On sait aussi dès le début qu'elles rendront les départs difficiles. Mais on sait que rien n'est plus riche que ces rencontres, alors on part ; c'est là tout le paradoxe des voyages. Je ne serai pas triste, enfin j'essaierai, parce que c'est la règle du jeu.  Je vois les choses autrement ; chaque rencontre me change un peu, me fait évoluer, grandir et donc tous ces gens resteront tous un peu en moi finalement. Et puis surtout dans le coeur, par là.
              La neige valsait presque toutes les nuits depuis mon retour ici et on aimait aller en cours en entendant le craquement de la neige sous nos chaussures. Ce n'est plus le cas maintenant. Il fait seulement froid et sec.
        Il règne en ce début janvier à l'université un climat de travail et c'est très étrange. Ici, en Espagne, l'administration est pleinement consciente que les étudiants ne travaillent qu'à la dernière minute et ça me fait beaucoup sourire : la bibliothèque ouvre, le temps d'un mois, 24h/24. Les étudiants sont finalement tous pareils, seulement, en France, c'est encore tabou (sourire!). Enfin voilà pour la petite anecdote. Il nous reste encore une petite semaine de cours et après on entre dans la période "vacances-révisions-examens" de près de 3 semaines où j'aurai 4 épreuves. Ensuite, fin février, on part 5 jours au ski avec les ERASMUS et nos étudiants "guides" espagnols (qui sont en fait d'anciens ERASMUS qui ne peuvent plus se passer de cette atmosphère) et qui m'ont promis de m'apprendre à skier en 5 jours. Les paris sont lancés.
            J'aime beaucoup étudier ici, j'y prends beaucoup de plaisir. Ces cours où l'ont est toujours moins de 10, où c'est un véritable échange, dans cette nouvelle langue que j'aime tant, ce cours de traduction où la prof dit "je dis ça pour le côté français", "cette remarque c'est pour les Espagnols", "non ça c'est une expression seulement de chez toi, on ne le dit que dans le Pays Basque"... Je suis en train de me réconcilier avec la fac. Et ça c'est vraiment une bonne nouvelle. Et puis c'est une sensation étrange d'apprendre toutes ces choses sur la France, sa littérature, ici. On nous parle de Paris, de Sartres et de Saint Germain des Prés, des rues, des quartiers, je me perds dans les mots de Proust et apprécie des livres encore inconnus. Je n'ai jamais eu autant l'impression de découvrir ma culture... C'est une expérience étrange.
                Les cours de photos me plaisent énormément. J'apprends vraiment beaucoup dans cette association où je me rends après les cours, à 20h, tous les mercredis. En fait, j'ai tout à apprendre, donc je ne m'ennuie pas. J'adore créer les pellicules de la longueur de mon bras dans l'obscurité, sourire quand ils me tendent des flacons de produit Kodak pour que je leur traduise l'étiquette, tenter d'apprivoiser l'appareil tout automatique, réfléchir un bon moment en plissant les yeux pour savoir si selon la lumière je dois ouvrir encore un peu plus le diaphragme ou baisser la vitesse,  rire avec Guillaume et Katia, d'autres ERASMUS français qui jouent le rôle de modèle, et puis la magie de révéler tout ça dans la chambre noire de l'association avec toutes ces mains qui me guident, avant de rentrer, enfin, vers 23h, le sourire aux lèvres.
             J'aime retrouver cette atmosphère "zen attitude". Je vis sans montre depuis 3 mois, tout le monde se tutoie (élèves, professeurs, commerçants, passants) et alors qu'en France on aime bien que tout soit clair, carré, ponctuel et précis ; ici c'est le pays du "no te preocupes" [comprenez "ne t'inquiète pas""c'est bon"]. J'aime ces gens ici, j'aime ma vie de quartier, si agréable. Ce commerçant qui laisse sa boutique sans surveillance pour m'emmener à l'autre bout de la rue dans un autre magasin où je trouverai ce qu'il me faut, par exemple. Ces gens dans la rue qui n'hésitent pas à marcher un peu avec nous pour nous mener où l'on voulait aller même si c'est à l'opposé de leur chemin... Je suis souvent gênée par la gentillesse des gens, par leur serviabilité. Et pourtant, ils ne répondent que d'un sourire, et s'en vont. Simplement.

           16h47. Je file.
Sachez que je pense fort à vous, aussi.


Quand on écrit sans trop réfléchir, au fil des idées, ça donne un texte comme celui là. Un texte qui passe du coq à l'âne, un texte qui traite de sujets quotidiens, de réflexions parfois inutiles ou risibles... mais au moins, un texte plus vrai que vrai. Tel quel. Bonne semaine à vous.

 
    
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C
tu as une amie qui vient sur Amiens???plein de bisous. Caro !
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