Le mois de mars s'achève, et
on vient de passer à l'heure d'été... 7 mois... quoi? déjà? On m'avait prévenue... On me l'avait dit que tout passerait très vite! Alors je le vis, et je ne l'écris plus beaucoup, c'est vrai. Si
je n'écris plus beaucoup ici c'est aussi parce que, à cette étape d'Erasmus, l'émerveillement de la découverte a laissé la place à l'émerveillement de s'enraciner ici. Sauf que ça, je ne peux pas
vraiment le raconter, ça ne peut pas se résumer. On peut seulement en esquisser des bribes de vie, comme un après midi à l'ombre d'un saule dans les 20°C à refaire le monde avec Bárbara et les
autres... comme des dimanches sur la plage (faute de salle) à répéter avec la troupe de hip-hop... comme tous ces moments sympas passés avec ceux qui sont importants ici... comme lorsque j'arrive
à mettre dans la tête de tous ceux qui sont enfermés avec moi dans le labo photo la chanson "Porque te vas"... C'est magique de prendre un peu de recul et de se rendre compte qu'on a réussi
dépasser la barrière de la langue, quand on se rend compte que l'on est en train de parler de tout et de rien, tout naturellement, dans une langue d'adoption ou encore d'avoir créer ces liens,
avec ces espagnols, d'avoir réussi à s'intégrer. Je sais que cette réflexion peut vous paraître étrange, mais se faire accepter dans une autre langue, ce n'est pas si évident que cela. Et
maintenant tout est devenu si naturel, si "normal"...
Elena a elle aussi trouvé ses
marques à Amiens. Elle trouve que même si les Français sont un peu froids et distants, ils "aiment bien soigner les détails...les petites choses...les goûts...et l'allure...", elle est devenu
addict au fromage et s'est rendue compte que les croissants d'Espagne étaient de bien mauvaises immitations.
Bien sûr, même si l'Erasmus est
aclimaté, il n'oublie jamais sa douce France et ceux qui y sont restés. L'Erasmus a d'ailleurs parfois quelques rechutes comme le prouve par exemple la réplique spontanée de Katia en plein milieu
du rayon produits laitiers du supermarché où 3 pauvres faux-fromages se battent en duel : "Ah! Je tuerais pour un bon fromage de chèvre là!". Ah, la France, les gens distants aux baguettes sous
le bras à la langue si
musicale, le bon fromage (c'est la vision de la
France ici)... Je pense bien à vous les petits mangeurs de grenouilles!
hasta
luego.
Par Camille
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